Violence et famille

July 6 juillet 13:45–15:45
Salle NCDH–102

Modérateur: Frédéric Millaud , Institut Philippe Pinel de Montréal

Avitolicide

Jacques D. Marleau , Frédéric Millaud  et Nathalie Auclair

Institut Philippe Pinel de Montréal

L’avitolicide (meurtre des grands-parents) est très rare. Il est habituellement considéré comme un parricide. Objectifs: Isoler les caractéristiques des avitolicides et évaluer s’il s’agit d’une entité clinique distincte des parricides. Méthodologie: Revue de littérature et examen sur dossier de quatre cas cliniques de l’Institut Philippe Pinel de Montréal. Résultats: 36 cas d’avitolicides et de tentatives d’avitolicides sont répertoriés dans les écrits scientifiques. Il s’agit d’un crime majoritairement commis par les hommes jeunes. Les caractéristiques sont très diverses, de même que les raisons du passage à l’acte. Les principales hypothèses explicatives seront discutées. Conclusion: La rareté des cas d’avitolicides rend leur étude difficile. Ils méritent cependant une attention particulière et ne semblent pas simplement assimilables aux parricides. De plus grands échantillons cliniques devront être recueillis en vue d’études plus systématiques.

À l’aide…j’ai tué mon enfant…

Bernard Poulin  et Line Laporte

Institut Philippe Pinel de Montréal

Le filicide maternel est un passage à l’acte rare qui, lorsqu’il survient, nous interpelle chacun, tant sur le plan humain que professionnel. En tant que clinicien et chercheur nous souhaitons contribuer à une meilleure connaissance de ces gestes filicides. Existe-il un profil type de ces mères? Peut-on noter des distinctions entre les mères orientées vers le système carcéral ou thérapeutique? Comment le système de justice au Québec réagit-il à l’égard de ces mères? Ces questions, ainsi que celles qui en découlent, seront abordées de manière détaillée à partir d’un échantillon québécois recensant onze années de situations filicides.

Lien entre les caractéristiques de l’homicide d’enfants par leur-s parent-s (filicide) et les caractéristiques de la violence conjugale

Myriam Dubé

Université de Montréal

Suzanne Léveillée

Université du Québec à Trois-Rivières

Plusieurs auteurs qui ont étudié le filicide constatent une relation entre cette problématique et la violence conjugale (Korbin, 1986, 1987, 1989; Marleau, 1995; Wilczynski, 1997), incluant l’homicide conjugal (D’Orban, 1979; Somander and Rammer, 1991; Wilson, Daly et Danièle, 1995). Le meurtre du ou de la conjoint-e et des enfants par un parent se nomme familicide et est presque toujours perpétré par un homme. Cette présentation traite du lien entre le filicide et la violence conjugale et est tirée d’une récente étude qui concerne les caractéristiques de tous les parents qui ont tué leur-s enfant-s entre janvier 1986 et mars 1994 dans la province de Québec. Cette étude a été réalisée en recueillant les informations aux dossiers du Coroner, dans les enquêtes préliminaires du système pénal de justice et dans les journaux rapportant les événements entourant les filicides. Subséquemment, les informations ont été classifiées à l’aide d’une grille d’analyse multifactorielle du filicide (Dubé et Hodgins, 1998). Parmi les 75 agresseur-es (39 mères et 36 pères) qui ont tué leur-s 105 enfant-s (45 filles et 60 garçons), 20 hommes ont été violents envers leur conjointe avant le filicide et neuf femmes ont été abusées par leur conjoint avant le filicide. Les résultats présentent certaines caractéristiques de ces parents et seront discutés, dans un premier temps, à la lumière de la théorie de Dutton (1996) sur les profils de conjoints violents et dans un second temps, en regard d’un questionnement sur l’existence d’un lien entre la violence conjugale et l’homicide conjugal, voire la familicide.


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