Pédopsychiatrie I

July 4 juillet 10:15–12:15  
Salle IASL-106

Modérateur: Frédéric Millaud , Institut Philippe Pinel de Montréal

Soutien aux familles et aux parents en difficultés confrontés aux violences parents-enfants

Jean-Pierre Vouche

Antenne de psychiatrie légale de La Garenne Colombes, Paris

L’intervention ambulatoire est une intervention contribuant à contenir la fonction parentale et à préserver des liens éducatifs, familiaux, utiles au développement basal du jeune enfant ou adolescent lorsque des violences intra familiales apparaissent.

Ce travail clinique en proximité (à domicile) des parents les plus en difficultés a pour finalité de conforter les liens familiaux dans les familles avec enfants en bas âge. Après une analyse des comportements familiaux déstructurants et par anticipation de leurs conséquences pour l’enfant (violence, échec scolaire, comportement de retrait, etc…), nous pensons qu’il est souhaitable de préserver son équilibre et son épanouissement.

Ce travail permet d’aider les familles à être conscientes des responsabilités à assumer vis-à-vis de leurs enfants et de voir si celles-ci, quand elles sont démunies repèrent mieux les «personnes-ressources» qui pourraient les accompagner dans le sens d’une autonomie de vie familiale. C’est aussi favoriser la transmission des avoirs entre générations.

Cette création de «consultation ambulatoire spécialisée» repose sur des éléments de diagnostic élaborés auprès de collectivités locales et de leurs partenaires.

Des groupes de réflexion de quartiers composés d’acteurs sociaux et d’habitants développèrent ces constats:

·          Les parents en difficultés devant des conduites agressives, violentes, inciviles de leurs enfants ont du mal à entrer en contact avec les services institutionnels.

·          Les services institutionnels déplorent l’absence des familles les plus en difficultés dans leur service.

·          Les enseignants et responsables d’établissements scolaires ont des indicateurs de dysfonctionnement, de dérive éducative, de souffrance des membres des familles.

·          Les parents délèguent leurs responsabilités, d’autant moins assumées que leur structure sociale est fragilisée, aux enseignants et aux professionnels chargés de la régulation sociale.

L’encoprésie comme résultat d’aliénation parentale : étude de cas

Lucia Fernandez de Sierra

Pratique privée, Montréal

Les cas d’aliénation parentale durant les procédures de divorce a augmenté depuis les années 1970 (Falkner 1999). Les enfants soumis à ce type d’agression, présentent une variété de symptômes autant psychologiques que sociaux, notamment le trouble réactionnel de l’attachement (RDA) et d’autres comportements reliés (Stinger 1999, Van Bloem 1999).

Dans un contexte d’expertise psycho-légale pour garde légale et/ou droits d’accès (mais sans allégations de sévices sexuels), nous présentons le cas de dix enfants âgés de 5 à 8 ans, souffrant d’encoprésie, alors que, au moins un des deux parents présentait des symptômes d’aliénation parentale sévère (Relation particulière entre un enfant et un seul des parents, dans le but d’exclure l’autre parent dit «parent cible» Ward, 1993). Dans tous les cas, sauf un, tous les membres de la famille de chaque enfant ont complété des tests psychologiques et des entrevues cliniques. Les résultats révèlent que dans la plupart des cas, le parent aliénateur souffre de troubles de personnalité (paranoïque, narcissique ou antisociale) et/ou a des liens intenses avec un autre pays.

Le trouble factice par procuration: aspects cliniques et légaux

Florence Chanut

Institut Philippe Pinel de Montréal

Johanne Boivin

Hôpital Ste-Justine, Montréal

Objectifs pédagogiques:

1.        Sensibiliser les psychiatres à l’existence du trouble factice par procuration;

2.        Présenter les critères diagnostiques du DSM-IV, décrire la présentation clinique, les démarches diagnostiques et les modes d’intervention;

3.        Recommandations pour faciliter l’identification des parents à risques de violence;

4.        Procédures légales à faire dans de tels cas.

Pour poser le diagnostic selon le DSM-IV, il faut qu’il y ait production ou feinte intentionnelle de symptômes ou signes physiques ou psychologiques, en l’absence de motifs externes à ce comportement, chez une personne qui est sous les soins d’un autre individu. La motivation est d’assumer indirectement le rôle de malade. Le trouble est actuellement à l’étude sous l’appellation de trouble factice non spécifié (par procuration).

Épidémiologie: la prévalence exacte est inconnue, mais serait rare si l’on respecte une définition stricte, quoique des centaines de cas soient rapportés dans la littérature pédiatrique. Généralement le trouble implique une mère et son enfant, dont l’âge au diagnostic va de 1 mois à 21 ans, en moyenne 3 ¼ ans. L’intervalle entre le début des symptômes et le diagnostic est long. Une bonne part de la morbidité est iatrogène sous forme de tests diagnostiques invasifs ou douloureux, de chirurgies non indiquées, etc.

Présentation clinique: elle est généralement multisystémique, quoique tout symptôme ou maladie puisse s’y prêter. Les plus fréquents concernent le SNC, les saignements ou l’appareil gastro-intestinal. Les moyens pris pour fabriquer les symptômes sont très variés. Les signes d’appel seront élaborés au cours de cette présentation avec le support d’une présentation de cas.

Conduite: minimiser le délai avant d’évoquer le diagnostic avec l’objectif prioritaire de protéger l’enfant ainsi que sa fratrie, puisque le pronostic est souvent sombre. Des informations collatérales sont nécessaires et le travail en équipe multidisciplinaire est recommandé. Un suivi est primordial, en lien avec le pédiatre traitant, le travail social et la DPJ.

Le rôle du psychiatre sera exploré, à la fois auprès des parents et de l’enfant, mais aussi auprès de l’équipe traitante.

La procédure légale recommandée sera développée, ainsi que les obstacles les plus souvent encourus dans cette démarche.


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