July 4
juillet 10:15–12:15
Salle MC
Modérateur:
Pierre Gendron
, Institut Philippe Pinel
de Montréal
La problématique
de l’itinérance telle que définie par le Comité des sans-abri de la Ville
de Montréal en 1987 et révisée par le Comité Interministériel
sur l’itinérance en 1993 décrit «une personne itinérante est celle
qui n’a pas d’adresse fixe, de logement stable, sécuritaire et salubre pour
le jour à venir, a un très faible revenu, une accessibilité discriminatoire
à son égard de la part des services, a des problèmes de santé physique, de
santé mentale, de toxicomanie, de violence familiale et/ou de désorganisation
sociale et est dépourvue de groupe d’appartenance stable».
Depuis
les années 70, le phénomène n’a cessé de s’amplifier, de se complexifier
et de se diversifier.
La prévalence
de la pathologie mentale sévère est bien réelle dans cette clientèle et le
taux évalué selon les pays étudiés, serait de 10 à 30%. À cela
s’ajoutent les problématiques d’abus et de dépendance à l’alcool et aux
substances de même qu’une comorbidité physique élevée et de mortalité
augmentée.
La
criminalité est aussi très présente parmi cette population.
Nous
aborderons donc l’épidémiologie de ce phénomène, les causes connues et les
approches pertinentes pour rejoindre et traiter ces personnes.
Susser a
écrit «que les approches traditionnelles auprès de la clientèle des sans-abri
sont nettement insuffisantes, qu’un changement radical s’impose et qu’une
adaptation ethnographique est essentielle».
«L’outreach»
est considéré comme l’étape critique pour entrer en relation ou établir un
lien avec un individu vivant dans l’itinérance en besoin criant de soins
physiques ou mentaux. C’est un processus pour repérer les personnes les plus
démunies et les plus vulnérables et désaffiliées qui n’utilisent aucun
service et même les évitent complètement. C’est aussi la première étape
du traitement pour les patients mentaux vivant sur la rue, menant vers un
engagement à un traitement. C’est un processus qui peut être lent, ardu,
fragile et qui se base sur des valeurs fondamentales et certains principes
d’intervention qui doivent guider nos actions.
Nous développerons
dans cette présentation ce modèle différent et des applications cliniques que
nous voulons partager avec vous.
Plusieurs
études ont été consacrées à l’activité criminelle des personnes sans
adresse fixe et le résultat démontre que plusieurs d’entre elles détiendraient
un dossier d’arrestation. Le taux de criminalité de ces personnes serait de 2
à 5 fois plus élevé selon les catégories d’âges (Fournier 96). La plupart
des crimes seraient relativement mineurs mais ces personnes «itinérantes»
sont sujettes à un plus grand nombre d’accusations et de condamnations et ont
plus d’antécédents criminels que les personnes avec domicile, selon les études.
Est-ce un facteur de risque pour l’itinérance ou une conséquence sérieuse
de la vie sur la rue? Il existerait aussi une interaction entre la vulnérabilité
des malades mentaux «psychose et double/diagnostic» l’itinérance et la
criminalité. Notre présentation élaborera sur ces importantes questions et
tentera de démystifier cette problématique.
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