Communications libres VI

July 6 juillet 16:00 –17:45
Salle 102

Modérateur: Louis Bérard , Institut Philippe Pinel de Montréal

Violence et santé mentale au travail

Nathalie Jauvin

Université de Montréal

Michel Vézina  et Renée Bourbonnais

Université de Laval

Romaine Malenfant  et Martin April

CLSC Haute-Ville-des-Rivières, Québec

Objectifs:

·          dresser un portrait de l’exposition à la violence au travail chez un groupe de travailleurs;

·          faire état des principales caractéristiques de la santé mentale de ces travailleurs;

·          explorer l’interrelation entre l’exposition à la violence vécue au travail et l’état de santé mentale altéré retrouvé chez de nombreux individus.

L’intérêt pour le phénomène de la violence au travail est de plus en plus marqué. Plusieurs documents ont été publiés sur ce sujet au cours des dernières années. Cependant, parmi ces publications, peu ont porté spécifiquement sur la violence exercée entre les membres d’une même organisation (violence organisationnelle), les travaux publiés à ce jour ayant essentiellement traité de la violence exercée par des personnes étrangères à l’organisation (clientèle, étrangers). De plus, peu d’études empiriques ont, jusqu’à aujourd’hui, permis d’établir des liens entre l’exposition à la violence au travail et l’état de santé mentale des travailleurs.

Dans le cadre de cette communication, nous présenterons des données qui porteront sur l’exposition à la violence au travail chez des travailleurs québécois et européens de même que sur leur état de santé mentale. Ces données proviennent essentiellement de la dernière enquête effectuée par Santé Québec ainsi que de l’Enquête européenne sur les conditions de travail. Nous tenterons ensuite de démontrer l’interrelation possible entre la violence à laquelle les travailleurs sont exposés dans le cadre de leur travail et leur état de santé mentale (détresse psychologique, épuisement professionnel, tension au travail, etc.).

Expertise pour invalidité chez des italo-canadiens: préjugés et facteurs culturels

Tiziana Costi

Institut Philippe Pinel de Montréal

Analyse de dossiers d’expertise pour invalidité chez des Italo-canadiens. Des personnes qui ont toujours travaillé et eu une vie fonctionnelle, suite à un accident de travail et à des limitations qui s’ensuivent, n’arrivent plus à s’adapter à leur situation et deviennent non fonctionnelles. Objectivement, elles ne répondent pas aux critères d’invalidité mais en fait ne sont plus fonctionnelles. Des facteurs culturels et directement reliés à l’immigration peuvent être à la base de cet état.

La présentation, qui touche autant au domaine de l’expertise au civil qu’à l’ethnopsychiatrie, résumera les données sociodémographiques, psychologiques et les hypothèses relevées dans l’étude d’une trentaine de dossiers et discutera des implications pour l’expertise, l’intervention et le traitement.

Psychose, toxicomanie et responsabilité criminelle

Élise St-André  et Marie Fédérique Allard

CH Centre de la Mauricie, Québec

Renée Fugère

Institut Allan Memoria, Montréall

Monsieur B. est un jeune homme qui a été reconnu responsable, en Cour Criminelle, d’homicide involontaire coupable. Pour prendre sa décision, le jury a bénéficié du témoignage de trois psychiatres experts, l’un témoignant pour la Couronne, les deux autres pour la Défense. De plus, un quatrième psychiatre est venu témoigner de sa rencontre avec le sujet, à titre de médecin traitant.

Les quatre médecins psychiatres ont fait état de symptômes de maladie mentale chez le sujet. Leurs opinions étaient basées sur une ou des rencontres de durée variable avec Monsieur B., et sur des documents médico-légaux en quantités variables. Les rencontres avec les experts ont été effectuées à des moments variables, soit peu de temps après les faits, au début et pendant son hospitalisation, et dans certain cas, dans les semaines précédant le procès donc après un traitement psychopharmacologique de plusieurs mois reçu par l’individu.

Nous nous proposons, lors de cet exposé, outre de rappeler la définition légale de la responsabilité criminelle, de comparer des cas similaires et leurs conclusions légales (jurisprudence), de décrire le parcours du patient (donc d’un individu reconnu comme souffrant de problème de santé mentale), qui sera bien différent s’il est ou non reconnu responsable de ses actes. Ce constat pourra faire place à une critique de l’interaction entre le système médical et légal dans le cadre du processus judiciaire.

Découlant du partage de nos expériences, des propositions seront énoncées comme critères de qualité incluant les aspects éthiques des expertises psychiatriques en général, mais aussi plus spécifiquement des expertises concernant la responsabilité criminelle.


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