July 5 juillet
10:15–12:15
Salle NCDH–102
Modérateur:
Bernadette Lamoureux
, Institut
Philippe Pinel de Montréal
Visa est un
programme de traitement offert à l’Établissement Montée St-François (un pénitencier
fédéral canadien) à tous les détenus ayant sexuellement abusé
d’enfants ou d’adolescents auprès desquels ils exerçaient une relation
d’autorité dans un cadre familial.
Le programme thérapeutique
a été modelé et adapté de l’approche Giarretto, il s’agit d’un modèle
intégré qui allie le judiciaire et le psychosocial.
Le programme thérapeutique
présente des objectifs spécifiques pour permettre aux abuseurs de travailler
les facteurs internes et externes de leur problématique pour les aider à réorganiser
leur vie sainement tout en évitant les situations à risque.
Le programme
Visa inclut les victimes dans le travail de conscientisation et de
sensibilisation par:
·
Des témoignages de
victimes afin de confronter les participants au vécu de celles-ci;
·
Des échanges entre
victimes et participants afin de confronter les perceptions et les distorsions
de ces derniers;
·
L’utilisation de
documents vidéo portant sur le vécu des victimes afin de permettre aux
participants d’identifier des séquelles possibles causées par les abus;
·
La recherche par les
participants des conséquences réelles des abus pour leurs victimes;
·
L’identification et
l’application par les participants de moyens de réparation afin de les
responsabiliser face à leurs actions et de leur montrer le rôle possible à
jouer face aux victimes;
·
Des contacts
familiaux afin de permettre au sujet de faire face à ses victimes et aux conséquences
de ses actes.
Cette
communication libre vise à mettre en évidence le bien-fondé, l’utilité et
l’apport de l’intégration d’une place pour les victimes à l’intérieur
d’un programme de traitement pour abuseurs.
La littérature
clinique décrit les psychopathes comme des individus vivant dans le temps présent,
s’attachant à l’environnement immédiat et concret (cf. Lippert &
Senter, 1966; Gibello, 1978, 1983; Debray, 1984). Ces sujets seraient peu aptes
à imaginer avec vivacité des événements futurs (Schalling, 1978). Ce déficit
en imagerie mentale observé cliniquement chez les psychopathes n’a été démontré
que très partiellement sur le plan empirique (Patrick, Cuthbert, & Lang,
1994; Pham, 1995). C’est dans le but de déterminer s’il s’agit d’un déficit
cognitif ou d’une mauvaise (voire d’une non) utilisation de l’imagerie
mentale par ce type de sujets que nous avons développé la présente étude en
3 phases: (1) une première expérience teste l’hypothèse selon laquelle les
psychopathes présenteraient un déficit global (quelle que soit la modalité
sensorielle à laquelle appartient l’image) de vivacité de l’imagerie
mentale à l’aide du QMI qui est une échelle autorapportée; (2) une seconde
expérience, dans laquelle nous présentons aux sujets des stimuli sur un écran
d’ordinateur, sonde les capacités purement cognitives d’imagerie mentale
chez les psychopathes et (3) une troisième expérience visant à examiner le déficit
en imagerie des psychopathes lors de l’évocation de mots émotionnels. Les
sujets (N = 25), incarcérés dans une prison belge de haute sécurité, de sexe
masculin et d’expression francophone, ont été assignés dans 2 groupes: (a)
«les psychopathes» (N = 13; score moyen à l’échelle de Hare = 26,93) et
(b) «les contrôles» (N = 12; score moyen à l’échelle de Hare = 7,18).
L’ensemble de ces sujets a réalisé les 3 expériences d’imagerie mentale.
Nous n’avons obtenu aucune différence significative entre les 2 groupes pour
les 3 expériences. Ces résultats remettent en question l’image
traditionnelle qu’ont les cliniciens sur le déficit en imagerie mentale des
psychopathes.
Cette
intervention permet de jeter un regard singulier sur les inconduites sexuelles
en entreprise, sur le harcèlement sexuel au travail, un pas de plus dans le
harcèlement moral en entreprise. Ainsi que les agressions sexuelles agies par
un ou plusieurs sujets.
L’Institut
d’Accompagnement Psychologique Post-traumatique, de Prévention et de
Recherche que j’ai co-créé avec la RATP (Société des Transports Urbains de
la région parisienne) s’occupe de prévention et d’accompagnement thérapeutique
pour des salariés victimes ou potentiellement victimes dans des sociétés ou
organisations de secteurs d’activités très différents.
La consultation
“Souffrance, Stress, Violence au
travail” de la Ligue Française pour la Santé Mentale ouvre en 2001 ses
portes à Paris. Elle est destinée à des salariés victimes de violence au
travail dont le harcèlement sexuel. L’ONG
Aide Psychologique Sans Frontières France s’associe à ces prises en
charge grâce à son réseau national qui peut intervenir en proximité des
victimes.
Sur les 147
millions de travailleurs de l’Union Européenne, 12 millions se disent
victimes d’intimidation et de violence physique et 3
millions de harcèlement sexuel. tels sont les chiffres qui ressortent de le
seconde enquête européenne sur les conditions de travail réalisées à partir
d’entretiens individuels à travers l’Europe.
Les conseils de
la Commission Européenne pour la prévention de la violence au travail dont le
harcèlement fait partie, sont de clarifier les responsabilités des différentes
instances – internes et externes à l’entreprise – qui ont un rôle légitime
à jouer dans la réaction globale face aux différentes formes de violence au
travail. Mais aussi la nécessité d’organiser une campagne de sensibilisation
à destination des petites entreprises. Message: la violence, le harcèlement
moral et sexuel sont des graves problèmes occultés qui surviennent dans un
nombre croissant de professions; ces violences peuvent être gérées et évitées
de façon efficace. Il s’agit d’imposer le respect de l’individu sur le
lieu de travail. C’est aux chefs d’entreprise de réintroduire le respect
dans leurs structures.
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