July
4 juillet 10:15–12:15
Salle
NCDH–102
Modérateur:
Gilles Côté
, Institut Philippe Pinel
de Montréal
Introduction:
Un désaccord existe souvent entre les professionnels de la santé mentale et
ceux du domaine légal à savoir si
un patient souffrant d’un trouble mental est apte à comprendre la légalité
ou l’illégalité de son geste et s’il avait l’intention de planifier et
de perpétrer ce geste inapproprié.
Objectif:
Le but de cette recherche était d’évaluer ces groupes de gens manifestant:
(1) un double diagnostic (n=11); (2) les déviants sexuels (n=16) et (3)
syndrome psychiatrique (n=19). Les trois groupes de patients furent comparés
par: comportement phénotypique et leur intelligence émotionnelle et cognitive,
leur tempérament, leur personnalité et psychophysiologie.
Méthode:
Tous les patients furent évalués afin de déterminer leur capacité de compréhension
et leur aptitude à planifier. Tous les indices psychophysiologiques, le tempérament,
la personnalité et l’intelligence furent analysés avec «Multiple
Discrimination Analysis» (SPSS. 1999 p.244-292).
Résultats:
L’analyse Discriminante Multiple révéla que les patients du groupe
psychiatrique étaient: a) moins intelligents (QI) (p 0.5), b) introvertis (p
0.001) et c) émotionnellement moins stables (p .06) que les gens composant le
groupe de double problématique de même que ceux du groupe présentant des déviances
sexuelles. De plus, les patients du groupe des déviants sexuels et du groupe de
double problématique démontrent une attitude significativement plus négative
face aux traitements et au travail lorsque comparés aux personnes du groupe
souffrant d’un syndrome psychiatrique.
Conclusion:
Les résultats préliminaires de cette étude confirment notre expérience
clinique en ce sens que l’évaluation ne démontre pas un manque de compréhension
ni d’intentions des actes inadéquats commis par les personnes de ces trois
groupes. Finalement un profil comportemental de chacun des groupes sera discuté.
Il y a
une insatisfaction grandissante par rapport au système pénal actuel auquel on
reproche, outre sa lenteur et ses problèmes organisationnels, le fait que les
doléances des victimes ne soient pas suffisamment prises en compte et que, sur
le plan de la réhabilitation du délinquant, le système expérimente donc à
plusieurs endroits avec la déjudiciarisation ou la dépénalisation du moins
lorsqu’il s’agit d’infractions mineures. On parle alors de traitements
alternatifs ou d’autres mesures de rechange. Si un impact important a été
observé sur la justice des mineurs d’abord, les traitements non-judiciaires
ont aussi été progressivement tentés aussi là où il s’agissait du
contrevenant adulte.
L’acte
criminel est toutefois malheureusement souvent commis par un être particulier,
celui que nous appelons le psychopathe ou, selon une autre terminologie,
l’individu aux prises avec un trouble de la personnalité antisociale. Selon
les recherches récentes sur les hommes reconnus coupables d’actes criminels,
la prévalence de la psychopathie dans cette population se situerait entre 15 et
30%. Il a été démontré aussi que le psychopathe commet un nombre de délits
significativement plus élevé que les autres délinquants. On peut donc estimer
que la plupart des délits sérieux sont l’œuvre de la personne aux prises
avec une personnalité antisociale. Compte tenu de ces facteurs, il est fort à
parier que, lorsqu’on flirte avec l’idée d’une généralisation de la
justice réparatrice, on pourrait bien donner dans la promotion d’une
dangereuse illusion.
Cette étude
s’est intéressée à la ressemblance entre conjoints pour les comportements
antisociaux sur un échantillon de 519 couples de la population générale.
Pour déterminer
s’il existait une ressemblance prémaritale pour les comportements antisociaux,
nous avons d’abord examiné les comportements antisociaux présents avant l’âge
de 15 ans. On observait une ressemblance conjugale significative pour
l’existence d’au moins trois types de troubles des conduites, avec un
odd-ratio (OR) égal à 4.02 (IC 95%: 2.03, 7,96). Pour les comportements
antisociaux survenus à l’âge adulte (18 ans ou plus), on observait une
ressemblance significative pour l’existence d’au moins quatre types de
comportements antisociaux (OR = 20.1 [5.97, 67.5]).
Deux
hypothèses peuvent être proposées pour expliquer la ressemblance conjugale très
forte pour les comportements antisociaux de l’adulte: (1) une ressemblance prémaritale
(assortative mating) pour les comportements antisociaux de l’adulte, les
sujets antisociaux ayant tendance à choisir pour conjoints des personnes présentant
elles-mêmes des comportements antisociaux; (2) une contamination postmaritale,
les conjoints de sujets antisociaux développant progressivement au fil de la
vie conjugale des comportements antisociaux. Les arguments en faveur de chacune
de ces hypothèses seront présentés et discutés.
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