bilingual session /session bilingue

Mental Health in Native Communities: Problems and Stakes III
Santé mentale en milieu autochtone: problématiques et enjeux III

July 5 juillet 16:00–17:45
Bilingual session / Session bilingue
Simultaneous translation / Traduction simultanée
Room / Salle  MC

Modérateur/Chair: André McKibben , Institut Philippe Pinel de Montréal

Problèmes sociaux et santé mentale chez les amérindiens du Québec

Social problems and mental health among Amerindians in Quebec

Pierre Picard

Sexologue clinicien, Québec

Quand on examine les études portant sur les Amérindiens et leurs conditions de vie, les résultats maintes fois rapportés ne sont guère encourageants. Comparativement à la moyenne canadienne, on dénombre généralement trois fois plus de morts violentes, deux fois plus de suicides, dix fois plus d’alcooliques, deux fois plus de femmes violentées et quatre fois plus d’enfants intoxiqués aux solvants chez les Autochtones.

Les facteurs historiques sont importants à considérer pour mieux comprendre l’émergence et le maintien des nombreuses problématiques sociales rencontrées en milieu autochtone. L’incidence sur la santé mentale de la détérioration du milieu de vie, issue principalement des tentatives d’assimilation et d’acculturation de la société dominante, est considérable.

En dépit de la capacité de plus en plus grande des Amérindiens à nommer le problème pour lequel ils consultent, peu demeurent enclins actuellement à regarder leur détresse psychologique sous l’œil de la santé mentale. Un travail de sensibilisation auprès des populations amérindiennes et des intervenants qui y travaillent serait une piste intéressante à regarder. La représentation sociale que l’on se fait des maladies mentales chez les Autochtones est trop souvent associée à la folie, freinant du même coup l’apport de soins spécialisés et le refus pour plusieurs d’obtenir une aide plus appropriée à leur état mental.Jeudi le 5 juillet 2001

Le projet pilote en éducation spéciale

Pilot project in special education

Lise Bastien

Conseil en Éducation des Premières Nations, Québec

Depuis l’avènement de la maîtrise indienne de l’éducation indienne dans les communautés autochtones du Québec, l’éducation relève de la communauté. L’éducation spéciale quant à elle concerne les services adaptés pour les enfants ayant des besoins spéciaux en matière d’éducation. Ces services sont nécessaires dans la mesure où l’on constate que plus de 52% des enfants des communautés des Premières Nations du Québec éprouvent des difficultés d’apprentissage et/ou de comportement. Malheureusement, le gouvernement fédéral n’a pas inclus les services en éducation spéciale dans son financement. Ce manque de financement a créé un grand tort à certains enfants autochtones qui se sont vus forcés d’être exilés de leur communauté, perdant contact avec leur famille, leur culture et leur peuple et, pour plusieurs d’entre eux, vivant un rejet qui les marquera à jamais, et qui, faute de soins et de services appropriés, ont vu leur avenir compromis.

Au début des années ‘90, exaspérées par la douleur des enfants en exil et la souffrance des enfants qui sont ignorés dans leurs besoins éducatifs spéciaux, les Premières Nations membres du Conseil en Éducation des Premières Nations faisaient une priorité de cette importante question, et décidaient de déployer tous les efforts possibles afin de mettre fin à cette situation inacceptable. Après 7 années de revendications et d’efforts incessants, un budget annuel spécial de 4,4 millions de dollars fut débloqué pour une durée de 3 ans, afin de conduire un projet pilote visant à mesurer si la mise en place de services éducatifs adaptés à nos enfants ayant des besoins spéciaux donnerait des résultats probants et augmenterait leurs chances de réussite scolaire et améliorerait  leurs habiletés sociales.

Quinze des 21 communautés membres ayant des écoles ont été impliquées dans le projet pilote alors que les 6 autres communautés n’ayant pas d’école ont participé au projet de façon différente et moins approfondie. Le projet fut mené avec rigueur et professionnalisme. En matière de formation et de surveillance, le CEPN s’est associé avec le Bureau de recherche sur les politiques scolaires de l’Université McGill (Montréal), apportant ainsi toute la crédibilité nécessaire au projet. C’est ce même bureau qui fut chargé d’analyser les données recueillies au cours des 3 années du projet et de rédiger le rapport final.

Au cours des 3 années du projet pilote, plusieurs projets ont été développés et mis en œuvre par les communautés. D’une grande diversité, ces projets ont en commun les objectifs du programme ainsi que la clientèle constituée d’enfants ayant des besoins spéciaux. De plus, au cours de la dernière année du projet, la moitié des enfants (2.167 sur 4.494, soit 48%) recevaient des soins éducatifs spéciaux par l’entremise du projet.

Le projet pilote aura aussi permis de développer des stratégies d’intervention et l’application de mesures appropriées. De plus, après 3 années de rigueur méthodologique, les communautés (parents, enseignants, et intervenants) ont acquis des compétences.

Lors du congrès, l’on désire faire état de la mise en œuvre du projet pilote en éducation spéciale, des résultats et des problématiques rencontrés. Par exemple, une étude de cas portant sur 79 jeunes, âgés entre 7 et 18 ans, qui présentaient les difficultés suivantes:

·          Difficultés d’apprentissage;

·          Troubles de comportement;

·          Troubles d’apprentissage et troubles de comportement;

·          Dans 71% des cas, les interventions menées auprès des élèves en difficulté constituant l’échantillon de l’étude de cas ont conduit à des améliorations notables tandis qu’un autre 20% présentait des améliorations moindres mais positives;

·          Pour 34% des étudiants, l’amélioration des problèmes ciblés au départ a permis une modification de la catégorie d’appartenance, et pour quelques-uns, la fin des services préalablement requis;

·          Les changements de catégories, au terme de l’intervention, confirment une forte proportion d’améliorations supplémentaires dans 70% des cas;

·          De nombreux cas d’étudiants ont mené à une réinsertion complète en classe régulière avant même la fin du projet triennal.

En plus des résultats du projet pilote en éducation spéciale, l’on démontrera aussi comment l’école est une voie par laquelle il est possible d’intervenir directement.

Violence familiale dans les familles autochtones signalées à la protection de la jeunesse: Nature et caractéristiques

Family violence in native families brought to the attention of
Youth Protection Authorities : Nature and characteristics

Patricia Cham  et Marc Tourigny

Université du Québec à Hull

Les objectifs de la communication sont de: (1) décrire le cheminement des situations d’enfants autochtones signalées à la Direction de la protection de la jeunesse du Québec; (2) décrire les diverses formes de violences vécues par les enfants autochtones et leurs parents; (3) dégager la spécificité des situations autochtones par rapport aux situations non autochtones. Ces signalements ont été documentés dans le cadre d’une vaste enquête québécoise réalisée à l’automne 98 (du 1er octobre au 31 décembre 98) auprès de 16 Centres jeunesse du Québec et ayant documenté près de 10 000 signalements dont plus de 3% concernait des signalements d’enfants autochtones. Dans un premier temps, une brève présentation de la méthodologie sera faite. Dans le cadre du premier objectif, nous décrirons l’évolution des signalements à travers les différentes étapes décisionnelles des services de protection à savoir, le placement ou non de l’enfant, la judiciarisation ou non de la situation, la présence de poursuites criminelles, etc. Pour le second objectif, nous décrirons les caractéristiques des victimes, de leurs parents et leurs familles de même que les caractéristiques des mauvais traitements vécus par les enfants (en termes de nature, durée, séquelles et lien avec l’agresseur), la présence de violence conjugale et l’existence de mauvais traitements dans l’enfance du parent. Finalement, nous présenterons les résultats des analyses statistiques comparant les situations des enfants autochtones à des caractéristiques touchant les victimes, les formes de violence et les principales étapes décisionnelles. Finalement, quelques implications cliniques seront identifiées.


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