Atelier II
Valeur, place et limite de l’examen cognitif face à
l’évaluation clinique (tests neuropsychologiques)

July 5 juillet 13:45–16:45
Atelier – avec inscription seulement
Salle IASL–106

Formateur :    Gilbert Desmarais , Université de Montréal

Discutants :     Gilles Chamberland , Institut Philippe Pinel de Montréal

                        Christine Truesdell , Tribunal administratif du Québec

La neuropsychologie, une discipline de la psychologie, est une science qui permet de documenter les séquelles d’atteintes cérébrales par l’observation rigoureuse de la relation cerveau-comportement. Plus particulièrement, la neuropsychologie vise l’étude des fonctions cognitives et mnésiques. À l’observation qualitative, s’ajoute l’administration d’épreuves, ou tests neuropsychologiques valides et fidèles, permettant de mettre en évidence les déficits de la personne cérébrolésée ainsi que les ressources à sa disposition pour la réadaptation. L’exactitude des propos allégués par la clientèle, peut être vérifiée par le type de dysfonction manifesté aux épreuves administrées et par une analyse des stratégies de résolution de problèmes habituellement retrouvées chez les personnes cérébrolésées.

Parmi les analyses effectuées, nous retrouvons les mécanismes attentionnels dont la complexité implique une observation systématique des capacités du client à être non seulement attentif dans un rapport un à un mais également à effectuer une gestion d’informations complexes. De plus, les dysfonctions mnésiques sont au cœur de moult complaintes et à cet égard, il est impérieux de comprendre et intégrer les derniers développements de la neuropsychologie cognitive eu égard aux processus mnésiques conscients et inconscients. La mémoire consciente fait appel à information verbale ou visuelle difficilement accessible à la conscience ou à des apprentissages moteurs. Les fonctions attentionnelles et mnésiques sont les préludes de la cognition, et cette cognition implique les mécanismes exécutifs. Les mécanismes exécutifs sont le reflet de l’adaptation d’un individu à la société et aux exigences de la vie quotidienne. Elles découlent des stratégies adoptées par la personne cérébrolésée afin d’outrepasser ses difficultés.

La neuropsychologie ne permet pas d’établir de preuves, mais bien d’effectuer des démonstrations. La multiplicité des tests permet plutôt de documenter un déficit si la dysfonction est présente fréquemment. Il y a donc un danger aux examens agrégés. Un simple pointage à une épreuve n’est certes pas une indication des processus en cause lors d’atteinte cognitives. À la cour, le neuropsychologue doit donc élaborer sur les faits observés mais aussi procéder à un enseignement permettant aux membres de l’auditoire de mieux intégrer et comprendre les dysfonctions du cérébrolésé. Il aura également pour mission de prédire, autant que faire se peut, les capacités de réintégration sociale, familiale et professionnelle de la personne atteinte. Si l’équipe des médecins examinateurs voit notamment à une description de l’étiologie des atteintes cérébrales, le neuropsychologue met davantage l’accent sur les aspects fonctionnels de l’individu en termes d’atteintes et de ressources sur le plan du fonctionnement intellectuel, attentionnel et mnésique. Aussi la neuropsychologie est une science en pleine évolution et il demeure important qu’elle soit pratiquée par les professionnels qui ont une solide expertise dans le domaine. Ces professionnels doivent être membres de l’Ordre des psychologues du Québec et être reconnus comme experts par la communauté scientifique.


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